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Chroniques Musicales


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Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975-1984)

Pour se rafraîchir la mémoire ou faire une découverte, Reggae Roots Forum s'attarde, avec ses chroniques musicales, sur quelques-uns des bijoux de la musique jamaïcaine

Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975-1984)

Messagepar natty » 30 Avr 2010 23:42

Chronique n°5, Mai 2010

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Mikey Ras Starr - Fire & Rain
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Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975 - 1984)

Some Say This
The Time Has Come
Coomaya (African Herbsman)
Porgy
Tafari Safari
Jah Man Of Calvary
Got To Say Love
Jah Higher High
Old Time Religion
Come Back Sunday Mornin
Fire & Rain
Market Place Revolution
Cornfield
Some Say This (Original Version)
Got To Say Love (Dub)
Jah Man Of Calvary (Dub)


http://www.roots-archives.com/release/5240

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Chronique :

Ils n'étaient pas nombreux à connaître l'identité et le passé de cet artiste avant la sortie de cette compilation en 2008. Mikey Ras Starr de son vrai nom Michael G.Ashley, est un ancien membre de Light Of Saba vivant depuis 1980 aux Etats-Unis où il a rejoint le groupe californien The Rastafarians. Bassiste d'origine, il est aussi auteur, compositeur, arrangeur et chanteur.

Sa vocation première l'a amené à jouer sur des albums comme What A Man A Deal With de Winston MacAnuff, ou sur le titre phare du film Rockers, Graduation In Zion de Kiddus I. On le retrouve aussi arrangeur sur l'album Black Woman de l'ancienne membre des I-Threes Judy Mowatt, comme sur Black Roots de Sugar Minott.

Ce Fire & Rain qui comporte 10 titres à l'origine, a été enregistré pour sa plus grande partie en 1979 avec des musiciens de haute volée. Mikey Ras Starr est ici accompagné entre autre, à la basse par Robbie Shakespeare et Val Douglas, Carlton Barrett à la batterie, Peter Tosh au piano ou encore Bunny Wailer aux percussions. Pour cette sortie, le label Makasound rajoute plusieurs singles dont le premier de l'artiste, "Got To Say Love", titre produit en 1975 par Bob Marley.
Le reggae de Mikey Ras Starr est très singulier, d'un roots sombre se penchant souvent vers l'Afrique, notamment avec le merveilleux "Coomaya (African Herbsman)". Titre d'une grande puissance dans lequel on ressent bien l'influence de Cedric I'm Brooks, les percussions ancestrales d'ouverture apportent un rythme fort, juste avant que le skank progressivement arrive, et ne dévaste tout sur son passage.
Cumaya is African Herb Man // Oh Cumaya is an Africa In Jamaica.
Vocalement très proche de Peter Tosh dont il était l'ami, on sent une certaine influence, en particulier sur le titre d'ouverture "Some Say This", ressemblance troublante par moments. Autre titre prenant, "The Time Has Come" qui prône unité et amour sur un reggae sans cesse en mouvement.
Sing praises to Jah Lord Most High // Israel Unite // Unite For Love

Makasound rajoute également la version originale de "Some Say This" ainsi que les dubs de "Got To Say Love" et de "Jah Man Of Calvery". Le livret assez poussé nous délivre une longue interview de Mikey Ras Starr ainsi que des photos d'époque.
Le résultat est une fois de plus à la hauteur, et ces perles qui méritaient d'être étalées au soleil depuis longtemps sont maintenant disponibles pour tous.
Avec le reggae, musique abyssale pas excellence, nous ne sommes heureusement pas au bout de nos surprises, qu'une vie entière ne suffira pas à découvrir.

Maintenant, nous laissons la parole à Mikey Ras Starr lui-même avec une interview inédite.

Antocha

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Interview de Mikey Ras Starr (aka Haile Maskel)
Réalisée en Décembre 2009 pour Reggae Vibes Magazine

Publiée en partie dans le numéro 10 du magazine, nous vous la proposons ici dans son intégralité.

- Haile Maskel, vous êtes un bassiste de talent, mais vous jouez également de la guitare, du clavier, des percussions… D’où vous vient cette passion pour la musique?
Mikey Ras Starr a écrit:C’est simplement que j’aime la musique, ma mère et son église. Ma mère me faisait chanter chaque jour à l'église quand j'étais jeune. Dans ma famille, tout le monde chante et joue de la guitare, du banjo, de la batterie, de la flûte… Même du côté de mon père. Tous les membres de ma famille jouent d’un instrument et chantent, mais aucun n’envisage ça comme une possibilité de carrière. Je suis le premier à le faire.


- Vos parents semblent avoir eu une grande influence sur l’homme que vous êtes devenu. Notamment du point de vue de votre spiritualité. Votre père était un rasta reconnu, pouvez-vous nous en dire plus sur qui il était et ce qu’il vous a transmis ?
MRS a écrit:Tellement de choses que je pourrais en écrire tout un livre. Tout, « Positive! », voilà ce que mon père me disait. Il m’a enseigné comment me comporter avec les gens, quelle église choisir, notamment l’église Orthodoxe parce que c’est de là d’où nous venons. Il m’a appris que je ne devais rien avoir contre l’homme blanc car je le porte aussi dans mon sang - ma grand-mère étant Irlandaise - alors … Il faut aimer chaque individu sur Terre et respecter chaque personne rencontrée. Il faut juste être une bonne personne et aider ceux qui souffrent. Ne jamais battre une femme (rires)… Oui, j’ai appris toutes sortes de valeurs de lui… Ne frappe pas une femme, et si tu la frappes, c’est qu’il est temps pour toi de partir. Si elle te rend fou et que tu sens que tu vas la frapper, alors tu dois partir! Toutes mes valeurs, je les ai apprises de mon père, la musique, la culture Rasta, les voyages, le sport, comment m’habiller… Cet homme m’a tout enseigné, tout ! Pour moi, Il était l’univers. Il n’y a rien que mon père ne m’ait pas appris. Tous les jours de ma vie, il m’a raconté et expliqué chaque passage de la Bible. Il m’a aussi appris qui était Fidel Castro, Cuba et quel monstre étaient les Etats-Unis. Et ce bien avant que je connaisse l’existence du livre « The Pale White Horse » et d’autres livres du même genre. Tout ce qui est écrit dans ces livres, mon père me le racontait alors que je n’étais encore qu’un enfant. Il le savait parce qu’il était là et qu’il a toujours parlé de cette élite qui trompe le peuple.


- Quelle a été votre première expérience en studio d’enregistrement ?
MRS a écrit:C’était la plus énorme, man! Nous étions une cinquantaine de Rasta à chanter sur la chanson de Ras Michael «Run Come Rally Rally Round». Bob Marley, The Wailers, The Gaylads, Jacob Miller, Inner Circle, Kiddus I… Je suis certains qu’ils se souviennent de cette session… Une cinquantaine de Rasta, tous chantaient “Run Come Rally Rally Round”, tout ce monde au Randy’s Studio. On se demandait : « Mais comment diable est-ce qu’on va réussir à faire tenir toutes ces personnes dans le studio?! » et Ras Michael de répondre : “C’est comme ça que ça doit se faire, il nous faut toute la nation Niyabhingi, c’est un hymne ! ». Et tout le monde a pu se trouver une place… Cinquante Rastas… C’est à ce moment là que tout le monde a découvert “la voix”. Quand j’ai commencé à chanter, l’ingénieur du son ne cessait de répéter qu’il y avait une voix trop forte. Il pensait que c’était celle de Jacob Miller alors il lui a demandé de s’éloigner de telle manière qu’il a alors pensé que c’était celle de Ras Michael et ce n’était pas lui. Quand il a compris que c’était moi, il m’a mis dans le fond mais ma voix était toujours trop puissante et il a dit “C’est toujours trop fort, mettez le plus au fond encore ». Bob, Jacob Miller et tous les autres se sont retournés vers moi et m’ont dit : “Man, quelle voix!”. Ce fut une expérience passionnante.


- Vous avez collaboré avec les plus grands noms de la musique jamaïquaine. Quelle est la collaboration qui vous a le plus marquée ?
MRS a écrit:Celle avec Israel Vibration. Quand j’ai enregistré “Same Song”. C’était un nouveau son, un nouveau style de ligne de basse, personne n’avait jamais entendu une ligne de basse sonner comme ça avant. Ils voulaient savoir comment j’avais trouvé une telle ligne de basse. C’était comme un tambour africain. C’est à ce moment là que Sting est venu pour me trouver... Je pense grâce a cette chanson. Car il a dit qu’il voulait voir le « Congo Bass Player » - le bassiste qui joue comme un percussionniste. Mais je l’ai raté car j’étais parti me recueillir dans les collines au même moment. A mon retour, Tommy est venu me voir et m’a dit “Tu sais qui te recherche ? La Police ! » et j’ai dit « La Police, mais qu’est-ce que j’ai fait ? » et il m’a répondu « Non, pas la police, The Police, le groupe ! Sting voulait voir le « Congo Bass Player » mais on ne savait pas où tu étais, on t’a cherché partout »… Une occasion manquée au final…


- Comment connaissiez-vous Peter Tosh ?
MRS a écrit:Assez bien pour courir avec lui pendant environ trois ans. Nous avions l'habitude de travailler ensemble, de boire plein de Ganja Tea et de manger du poisson à la vapeur tous les matins. Ouais, Peter Tosh est un de mes frères spirituels. Je le connais suffisamment bien pour pouvoir chanter n'importe quelle chanson comme il l’aurait chantée.


- Et Bob Marley ?
MRS a écrit:Pareil. Mais Bob est vraiment différent de Peter Tosh et de Bunny Wailer. J’ai de bons souvenirs avec tous les deux. Ils étaient comme les grands frères que je n’ai jamais eus. Peter Tosh et Bunny Wailer me guidaient et m’encourageaient dans ma musique. Bob, lui, m’a beaucoup encouragé aussi, mais il m’a surtout dit des choses qui se sont produites dans ma vie, certaines ne sont pas encore arrivées d’ailleurs, comme aller en Afrique par exemple.
Bob venait souvent nous rendre visite à moi et à mon père, 22 Alexander Road. On avait l’habitude de marcher jusqu’à Greenwich Farm pour voir un Rasta qui péchait en bord de la mer. Je ne me souviens plus de son nom mais on allait là-bas, tout le temps, pour manger du poisson rôti.
Quand Bob est mort, cela m’a fait le même effet que si cela avait été mon propre père. C’était comme si tout mon monde s’était écroulé en même temps que Bob disparaissait. J’étais déjà aux Etats-Unis mais toute ma vie a basculé. Je n’aurais jamais pu croire que Bob puisse partir aussi vite, parce qu’il n’était pas prêt. Depuis ce moment là, je lui parle tous les jours. Je pense à lui tout le temps et à ce que serait ma vie maintenant, si il était toujours là. Ma vie serait totalement différente. Il était comme… Ras Michael était mon premier groupe et tout ça… mais Ras Michael et moi n’avons jamais eu cette connexion que j’ai eu avec Bob. Ras Michael incarnait plutôt une figure paternelle bien qu’il ne m’ait jamais traité comme tel, mais lui est mon père étaient proches. Bob était comme un grand frère, un professeur et un prophète à la fois. Il me disait toujours qu’il était détendu quand il était avec moi et qu’il aimait ça. C’était cool! Il m’apportait quelque chose et c’était réciproque. Bob m’avait envoyé voir Peter et Bunny pour savoir si ils accepteraient de revenir jouer avec lui car c’est ce qu’il voulait. C’est comme ça que Peter et moi sommes devenus amis, parce que Bob m’avait missionné pour l’interroger. Mais je ne lui ai jamais dit que c’était Bob qui m’avait envoyé poser ces questions et il ne l’a jamais su. Bob ne m’a plus jamais parlé des Wailers. J’étais jeune et je rêvais de voir le groupe se reformer. J’ai tout essayé, TOUT! Ils étaient tous les trois fait pour être ensemble. Ils ont fait de grandes choses pour tout le monde. Ces trois esprits réunis étaient vraiment spéciaux, ils n’auraient jamais dû se séparer. Ils devraient être encore en vie et nous guider… la Trinité, man! Mais l’argent a joué un rôle décisif sur eux sur le fait qu’ils ne sont jamais remis ensemble. Toute cette merde, c’est à cause de l’argent. Ce n’est pas de la faute de Bob, mais de l’argent.


- Au cours de votre carrière de musicien, on peut vous retrouver sous différents pseudos. Pourquoi avez-vous abandonné celui de Mickey Ras Starr au profit de Haile Maskel ?
MRS a écrit:Je ne l’ai jamais vraiment abandonné. Depuis que j’ai été baptisé par l’Eglise Orthodoxe, j’ai un autre regard sur la vie. En tant que Mickey Ras Starr, j’étais plus rebelle, comme les Wailers à leurs débuts, un Soul Rebel. Le prêtre de l’Eglise Ethiopienne Orthodoxe m’a conseillé d’utiliser Haile Maskel maintenant. La Puissance du Crucifix. Vous devez dire ce que Haile Maskel signifie en Amharique, la Puissance du Crucifix !


- Il paraît que votre tout premier nom d’artiste était Mikey Dread ! Est-ce vrai ?
MRS a écrit:Oui, c’était mon premier nom, tout le monde me connaissait en tant que Mikey Dread. Mon père n’aimait vraiment pas ce nom. Un jour, avec mon ami Horsemouth, nous étions au Black Ark Studio et Michael Campbell est venu voir Lee Scratch Perry pour lui annoncer qu’il souhaitait désormais se faire appeler Mikey Dread. Horsemouth voulait littéralement lui cassait la gueule. Il lui a dit « Eh bwoy yu a thief my bredren name!” Il voulait vraiment le tabasser, il a fallu que je l’emmène dehors pour le calmer mais il continuait de se prendre la tête avec Michael Campbell à propos de mon nom. Alors je lui ai dit : “C’est bon man, il peut garder ce nom parce que mon père ne l’a jamais aimé de toute façon! » et j’ai dit à Michael : «C’est bon Dread, ton nom est Mikey Dread, tire-toi maintenant, Mikey Dread At The Control ! » J’avais déjà Mickey Ras Starr comme pseudo, alors… Il voulait s’appeller Mikey Dread et moi Mickey Ras Starr, qui signifie “chef de tous les rasta”... De toutes les étoiles, je suis la plus grande. La plus grande mais aussi la pire. Yeah! Et c’est là que je me dois de faire mes preuves… je joue de tous les instruments et je peux chanter tout et n’importe quoi. Seuls quelques Jamaïcains peuvent faire ça. L’un d’entre eux est Noel Sewell. Il peut chanter et jouer de n’importe quel instrument.


- En 1972, vous partez avec les membres du groupe The Light Of Saba pour Cuba afin de jouer devant Fidel Castro. Pouvez-vous nous dire dans quel contexte cela s’est il produit ?
MRS a écrit:C’est par le biais du Centre Culturel de la Jamaïque, c’était un échange culturel entre nos deux pays. Quand le programme a débuté, ils ont voulu envoyer des gens à Cuba pour représenter la Jamaïque et tout le monde avait peur. Tout le monde avait peur d’y aller. On était les seuls à dire : « ok, on y va! » Nous y sommes donc allés pour représenter la Jamaïque et sa culture. Ils voulaient savoir comment était notre culture et notre musique, nous leur avons montré et c’était super! Quand nous sommes partis de là-bas, nous étions connus sous le nom de The Magical Light of Saba. Avant, on nous appelé plus simplement The Light of Saba.


- A la fin des années 70, vous avez quitté l’île de la Jamaïque pour les Etats-Unis, en Californie plus particulièrement. Pourquoi avez-vous quitté votre île ?
MRS a écrit:Parce que j’étais allé à Cuba juste avant, à une époque ou tout devenait politique. Comme quand ils ont tiré sur Bob. Je suis parti pour protéger ma vie. J’ai quitté la Jamaïque pour des raisons politiques parce que j’étais puissant dans le ghetto. J’avais un club de jeunes que je sponsorisais moi-même et avec qui je faisais de la musique. Il y avait quelque chose comme 300 membres dans mon club. Les politiques ont concentré leur force sur moi, ils venaient vers moi et voulaient m’offrir tout un tas de trucs et mon père a dit que je ne devais rien accepter venant de leur part. Et puis ce fut une lutte politique partout où j’allais. Ils ont tabassé le percussionniste de Light of Saba, ils ont cassé ses bras, mais il a pu s’enfuir et il venu me voir avec un papier sur lequel notre nom était tout en haut d’une liste. Ils ont dit que nous étions revenus de Cuba pour diffuser le socialisme, mais nous n’avions pas eu à le diffuser… C’est pourquoi j’ai quitté la Jamaïque, c’est aussi simple que ça.


- Orthodox est un album sur lequel les arrangements sont très riches, on peut y entendre des solos de guitares et de piano à la frontière du Rock Psychédélique. Diriez-vous qu’il s’agit là directement de l’influence du son Californien de cette époque ?
MRS a écrit:Non (rires). C’est juste moi. J’ai toujours aimé le Rock mais quand j’étais en Jamaïque on ne m’aurait jamais permis d’en jouer. Santa et Chinna me disaient toujours : “Tu essaies d’imiter Jimi Hendrix et sa musique du diable’ et je répondais : “Man, ce n’est pas la musique du diable – c’est juste du son et de l’énergie”. Ils avaient l’habitude de me chambrer là-dessus et ça me blessait beaucoup. Je voulais vraiment être un guitariste comme Hendrix, c’est ce que j’aime… des « screaming » guitares, de l’énergie… J’adore ça ! Et j’aime aussi le son du synthétiseur, il me donne la même énergie, quelque chose de totalement nouveau et d’intense. J’aime les sentiments intenses. Et j’ai toujours voulu mettre de l’émotion dans ma musique.


- Est-ce que la façon de jouer du Reggae est la même en Jamaïque qu’en Californie ?
MRS a écrit:Je pense que MON Reggae, celui que je joue en Californie sonne comme le Jamaïcain... avec un supplément de mélodies. Grâce à la guitare, j’ai plus de mélodies que la plupart des Jamaïcains. J’utilise des mélodies pour peaufiner l’orchestration autour du Reggae. Mon Reggae, je l’aime avec tout un tas de mélodies qui coulent à travers la chanson. C’est du Reggae sophistiqué. Ce n’est pas du Reggae Californien, mais juste Haile Maskel. Si j’étais en Jamaïque, en Afrique ou Japon, il serait le même.


- Bien qu’il y ait encore un public pour le Reggae Roots, la Jamaïque n’en produit quasiment plus. Le public est donc résigné à se contenter des rééditions d’albums enregistrés à son âge d’or. Selon vous est-il encore possible aujourd’hui de produire un Reggae Roots et authentique ?
MRS a écrit:Oui, c’est possible. Mais pourquoi voulez-vous revenir à ces âges sombres alors que nous sommes dans une période éclairée? Je dis NON. Nous pouvons l’enregistrer mais pourquoi ? Nous avons besoin de progresser. Bob voulait que la musique progresse et je le rejoins sur cet avis. Il ne voulait pas que nous revenions à cette sombre période où 16 musiciens jouaient sur un seul micro, une seule piste ! Non ! Arrête s’il te plait! Nous pouvons enregistrer un Reggae authentique, de la musique Roots, mais la méthode d’enregistrement sera différente. Parce que nos connaissances se sont développées, la musique doit elle aussi progresser. Je ne vois pas pourquoi je devrais revenir en arrière. Ce n’est pas constructif. J’ai besoin d’aller de l’avant et de continuer à avancer. De toute manière, tous ces vieux morceaux de Reggae… Tu ne peux même pas entendre le batteur, ni la puissance de la basse. Ecoute la plupart des titres Studio One, Tu n’entendras jamais le batteur nettement, le son n’est pas propre réellement. C’est impossible à gérer. Tout est beaucoup mieux maintenant. Amélioration de la vie, amélioration dans tous les domaines. Nous respectons tous ces vieux enregistrements, mais nous ne pouvons pas continuer travailler de cette façon. J’ai évolué et je vais de l’avant.


- Beaucoup d’artistes Jamaïquains ayant collaborés avec le label Makasound semblent s’inscrire dans une collaboration sur le long terme. Winston McAnuff a sorti plusieurs albums depuis, Kiddus I vient tout juste de sortir l’album « Green For Life », idem pour Linval Thompson. Peut-on espérer la même chose pour vous ?
MRS a écrit:Plusieurs albums avec Makasound? Je ne sais pas. Je veux dire, Makasound et moi n’avons pas de projet en cours pour le moment. Et ils sont les seuls à faire quelques choses pour moi… Alors, je ne sais vraiment pas…
« Fire & Rain » et « Orthodox » étaient les deux seuls albums que Makasound voulait. Tout dépend de Makasound, mais je ne sais pas ce qu’ils veulent faire ou si ils veulent travailler avec moi encore un peu. Parce qu’ils veulent du vieux Reggae et la majorité de mon reggae est moderne. Je n’ai plus de vieux Reggae à leur donner, alors je ne sais pas ce qu’ils vont encore pouvoir faire pour moi, ni combien de temps notre relation va encore durer, à moins que Makasound accepte de prendre le Reggae que je fais aujourd’hui. Ces morceaux sont aussi bons que ceux que je composais à l’âge de 19 ans. De toute manière, je les ai tous écrit à l’âge de 19 ans mais je les ai enregistrés là dernièrement. Ma musique est intemporelle. Toutes mes chansons suivent les progressions, au début je faisais du Jazz et puis j’ai évolué en même temps que les époques, les années 80, 90,… Je fais du Reggae cool, romantique, doux et sophistiqué. C’est ce que je veux.


- Comptez-vous venir présenter votre musique au public sur les scènes françaises ?
MRS a écrit:Oui !
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Re: Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975-1984)

Messagepar natty » 01 Mai 2010 09:39

merci Aloy pour cette interview très bien menée et très intéressante
j'ai bien vu où tu voulais le mener avec le reggae californien, mais il est pas entré dans ton jeu :lol:
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Re: Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975-1984)

Messagepar Aloy2.0 » 01 Mai 2010 10:15

Ouai, c'est clair qu'il m'a surpris, j'aurai préféré un peu plus de radicalisme de sa part... Mais bon... Nul n'est parfait...
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Re: Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975-1984)

Messagepar Jahson » 01 Mai 2010 12:40

Génialissime ! Vous êtes au top les gars ! C'est tout ce qui me vient comme ça, mon enthousiasme me laisse pantois ! :bike: :bike: :bike:
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Re: Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975-1984)

Messagepar Nohay » 01 Mai 2010 13:52

Je prendrai le temps de lire ça tranquillement. En tout cas BIG BIG BIG UP!!!!!!!!!!!!!!!!!





Congratulations.
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Re: Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975-1984)

Messagepar Jah Breizh » 01 Mai 2010 15:24

Interessante l'interview. :coolras:
.
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Re: Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975-1984)

Messagepar Likkle J » 01 Mai 2010 16:35

Prenez en de la graine les extrémistes du roots lol, même les elders sont en avance sur vous ! :mdr:
Cet interview est énorme, je ne connaissais pas vraiment Mikey Ras Starr et je crois que je l'aime bien ce type là !
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Re: Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975-1984)

Messagepar Aloy2.0 » 01 Mai 2010 16:37

:)

moi je me suis dit exactement l'inverse... "Merde, je l'aime de moins en moins..." :mdr:
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Re: Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975-1984)

Messagepar Swaby » 01 Mai 2010 17:09

:) Yes belle chronique de ta part Anto ! Bon en même temps sur cet album...BIG

Et que dire de l'interview :shocked: elle est magnifique, merci Aloy, je savais pas pour l'anecdote avec Mikey Dread, bon bien sur ya pas que ça qui m'étais inconnu...

Franchement merci Aloy, :heavy:
Dernière édition par Swaby le 01 Mai 2010 23:13, édité 1 fois au total.
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Re: Mikey Ras Starr - Fire & Rain (1975-1984)

Messagepar TropikoL » 01 Mai 2010 17:11

Excellente interview Aloy :heavy:
J'aurais voulu être à Randy's le jour de cette Rally session!!
Je connais à peine cet artiste, je suis pas fan de tous les extraits, mais y'a de quoi approfondir, comme les Jah man calvary ou got to say love, big!
Merci à vous :slide:
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